Lettre51



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 RENÉ QUINSON  

1922 - 2018
Journaliste

Né à Chambéry le 22 novembre 1922, notre ami René vient de nous quitter à l’âge de 95 ans.
Etonnant parcours que celui du gamin malin qui, ébloui par le cinéma ambulant qui fait halte dans son village, se fabrique une lanterne magique avec une boîte à chaussures, une lampe et une grosse loupe, avant de recevoir pour Noël un projecteur à manivelle.
Fils d’un notaire rural de la Drôme, il fait des études de droit et travaille comme clerc dans une étude de Valence quand il tombe sous le charme de la jeune Odile Versois dans Les Dernières vacances de Leenhardt.
Jean Nohain, l’homme des 36 Chandelles, lance alors un journal de cinéma et le recrute. René « monte » à Paris. Certes, tout n’est pas simple. Le journal de Nohain ne marche pas. Comment faire pour interviewer la belle Odile ? Idée de génie : René fonde en 1955 une agence de presse, Continental Presse. Le résultat dépasse ses espérances : plusieurs journaux régionaux publient son entretien et lui en demandent d’autres. L’agence prend son essor. La méthode Quinson est d’être présent sur tous les tournages, et de sympathiser avec les professionnels : réalisateurs, acteurs, techniciens… mais aussi producteurs et distributeurs, qu’il tutoie tous immédiatement. Epoque héroïque où les projections de presse n’existaient pas, les attachés de presse indépendants non plus, et où René donnait des conseils aux distributeurs pour la promotion de leurs films.
Soutenu par Albert Camus, notre ami entre à « Combat », dont il sera un des piliers, avec Henry Chapier, jusqu'à la disparition du journal.
Dans les années 80, il entame une longue collaboration avec « Les Etoiles de France-Inter », émission d’André Asséo, tout en continuant de diriger son agence, qui emploie jusqu'à cinq journalistes. C’est l’époque où il court (au sens propre) d’une salle de projection à l’autre pour enregistrer des extraits de bande sonore afin d’illustrer l’émission de radio. Il y récolte une tendinite à force de trimballer son lourd Nagra, mais connaît désormais tous les projectionnistes de Paris.
« Où sont mes clés ? Où est mon stylo ? » Combien de fois l’avons-nous entendu se désoler ainsi. René était un perpétuel distrait, mais rien n’entamait sa bonne humeur. Infatigable, il a délibérement ignoré le sens du mot « retraite ».

G.L.

 Disparition  
 MARC-GEORGES  
  BOULENGER  

Critique de cinéma

Le Syndicat Français de la Critique de Cinéma vient d'apprendre le décès de Marc-Georges Boulenger, cinéphile touche-à-tout et fidèle adhérent de notre syndicat. Laurent Aknin lui rend hommage

Nous avons appris le décès à l’âge de 68 ans de Marc-Georges Boulenger, connu aussi sous le simple nom de Marc Georges, des suites d’une longue maladie contre laquelle il se battait depuis de nombreux mois. Marc-Georges était la figure cinéphile incontournable du Havre, où il a été tout à la fois animateur radio, responsable associatif, technicien ou restaurateur de film. Il était aussi doté d’une culture cinématographique impressionnante, collectionneur acharné, spécialiste entre autres du cinéma-bis, des films policiers muets à épisodes et autres serials, des adaptations des romans populaires, ou des lanternes magiques. Nous l’avons tous croisé à un moment ou un autre dans un festival, en particulier à Cannes dont il n’avait jamais manqué une édition pendant au moins quarante ans.
Pour ma part, je me rappelle avoir fait sa connaissance dans une file d’attente du festival du Rex, alors qu’il venait d’acheter un des tout premiers numéros du fanzine Ciné Zine Zone. Au sens propre, il était un vrai camarade en cinéphilie.


twitter

Le Syndicat Français de la Critique de Cinéma est désormais sur Twitter. Pour nous suivre, retrouvez-nous sur notre compte : @SFCCinema

Communiqué du Syndicat Français de la Critique
de Cinéma et du Club Média Ciné

Le conseil d’administration du Syndicat Français de la Critique de Cinéma et les journalistes du Club Média Ciné souhaitent réagir aux propos de Thierry Fremaux, délégué général du Festival de Cannes, publiés dans le Film Français, concernant les projections de presse simultanées aux projections officielles.

L’annonce de la nouvelle grille nous semble préoccupante. Le travail des journalistes critiques de la presse quotidienne papier, des sites internet, des agences presse, de la radio et de la télévision en sera impacté.
Une simple question mathématique se pose : comment faire entrer 4000 critiques accrédités dans une salle de 1068 places (Debussy) alors qu’auparavant le même film (celui de la montée des marches de 19h), était projeté dans le Grand Auditorium Lumière de 2300 places, projection doublée depuis l’an dernier dans la salle Debussy à la même heure et reprogrammée à 14h dans le Grand Auditorium Lumière ?

Les refoulés iront grossir les rangs de la séance de 22h à Bazin (si elle existe toujours) et des séances du lendemain. Quand écriront-ils leurs articles ?
En ce qui concerne le film projeté en séance de gala la veille à 22h, sa projection presse à 8h30 le lendemain entraînera d’évidents et pénalisants retards de parution : au mieux deux jours après la présentation officielle pour la presse papier, un jour pour les autres supports.

La crainte que de telles conditions de travail amènent les rédactions à privilégier les images aux textes et les tableaux d’étoiles aux analyses critiques est légitime.
Sans occulter la complexité des plannings entraînée par cette nouvelle organisation pour la presse française et internationale, ne pouvant que pousser les journalistes à renoncer aux interviews ou à les effectuer avant d’avoir vu les films concernés. Ni minimiser la probabilité, pour ces mêmes rédactions, de revoir à la baisse leur couverture du festival en envoyant des équipes de plus en plus restreintes de journalistes et critiques.

C’est la pratique de notre métier et le temps nécessaire pour analyser et commenter les œuvres présentées au Festival de Cannes qui sont ici en jeu.
D’autres solutions sont sans doute possibles et notamment la mise en place des embargos, afin de maintenir la sérénité des équipes avant la montée des marches et le temps nécessaire au travail critique et journalistique.

Nous entendons bien la volonté de revenir à de véritables premières mondiales, mais dans les conditions annoncées, les conséquences seraient néfastes pour la qualité de la couverture médiatique, donc pour l’image du Festival et pour le Festival lui-même.

Syndicat Français de la Critique de Cinéma      Media Ciné

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LES PRIX 2017 DU SYNDICAT FRANÇAIS DE LA CRITIQUE DE CINÉMA ont eu lieu le 29 janvier à la Cinémathèque française. Retrouver ici
VOTEZ POUR LE MEILLEUR FILM FRANCAIS
ET LE MEILLEUR FILM ETRANGER 2017
LES PRIX DU SYNDICAT FRANÇAIS
DE LA CRITIQUE DANS LES FESTIVALS 2017

25 adhérents ont eu l’occasion de participer aux différents jurys presse des sept festivals français partenaires du Syndicat et de récompenser un long ou un court métrage.
TOULOUSE TOULOUSE : Cinelatino, Rencontres de Toulouse (17 - 26 mars)
REY de Niles Atallah (Chili) a été récompensé par Isabelle Danel (Bande à Part, Version femina), Philippe Descottes (Les Fiches de Monsieur Cinéma, CineChronicle.com) et Bernard Payen (Court-Circuit | Arte, Cinémathèque française).

TROUVILLE TROUVILLE : Off-Courts (8 - 16 septembre)
NOUS IRONS AUX BOIS de Arnaud Bigeard (France) a été récompensé par Rita Bukauskaite (Kinoscript), Grégory Marouzé (lillelanuit.com, Toute la Culture) et Adrien Valgalier (La Septième Obsession).

BIARRITZ PIAFF : Festival International du Film d’Animation de Paris (10 - 26 septembre)
TOUTES LES POUPEES NE PLEURENT PAS de Frédérick Tremblay (Canada) a été récompensé par Thomas Fouet (Les Fiches du Cinéma, Comité court métrage Semaine de la Critique), Francis Gavelle (Radio Libertaire) Marie-Pauline Mollaret (Ecran Noir, Comité court métrage Semaine de la Critique).

BIARRITZ BIARRITZ : Festival et Cultures d’Amérique Latine (25 septembre - 1 octobre)
LA SOLEDAD de Jorge Thielen Armand (Venezuela) a été récompensé par Patrice Carré (Le Film Français), Nathalie Chifflet (Groupe Ebra), Olivier Pélisson (Bande à part).

ARRAS

ARRAS : Arras Film Festival (3 - 12 novembre)
ARRHYTHMIA de Boris Khlebnikov (Russie) a été récompensé par Philippe Rouyer (Positif, Le Cercle), Franck Finance-Madureira (Frenchmania), Michael Ghennam (Les fiches du Cinéma) et Yaël Hirsch (Toute la Culture).


PARIS

PARIS : Courts Devant (16 - 21 novembre)
CAVALLS MORTS (DEAD HORSES) de Marc Riba et Anna Solanas (Espagne) a été récompensé par Mélanie Carpentier (Grand Ecart), Francis Gavelle (Radio Libertaire) et Nicolas Marcade (Les Fiches du Cinéma).

Grand Prix de la compétition internationale à LA COURSE NAVETTE de Maxime Aubert (Canada)


PARIS

RCC : Rencontres Cinématographiques de Cannes (20 - 26 novembre)
L’INSULTE de ZIAD Doueiri (Français, Libanais, Chypriote, Belge) a été récompensé par Isabelle Danel (Bande à Part, Version femina), Anne-Claire Cieutat (Bande à part) et Jean-Philippe Guérand (Le Film Français) et Anne-Claire Cieutat (Bande à part).


POITIERS POITIERS : Rencontres internationales des écoles de cinéma (1 - 8 décembre) 



DES RESIDUS ANALYTIQUES Jon Boutin (France) a été récompensé par Anne-Laure Bell (Radio Aligre FM), Thomas Fouet (Les Fiches du Cinéma, Comité court métrage Semaine de la Critique), Pascal Le Duff (Le Télégramme de Brest).
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